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30.11.2009 - Prix Centre d'Etudes Princesse Joséphine-Charlotte

En vue de soutenir la recherche scientifique dans le domaine de la lutte contre les infections virales, le Centre d’Etudes Princesse Joséphine-Charlotte a chargé le Fonds de la Recherche Scientifique – FNRS d’attribuer, tous les deux ans, un Prix de 12.500 €.
Ce 30 novembre 2009, le F.R.S. – FNRS procède, en présence de représentants du monde universitaire et du Centre d’Etudes Princesse Joséphine-Charlotte, à la remise du onzième Prix biennal.

Le Prix 2009 a été attribué à :

Alain VANDERPLASSCHEN,
Professeur d’Immunologie-Vaccinologie à la Faculté de Médecine vétérinaire de l’Université de Liège,
Docteur en Médecine vétérinaire,
Docteur en sciences,
Agrégé de l’enseignement supérieur,
pour son travail :
« Etude des interactions hôte-herpèsvirus »

Les herpèsvirus forment une famille virale qui infectent tout le règne animal depuis l’huitre jusqu’à l’homme. Certains herpèsvirus sont responsables de pathologies graves alors que d’autres se propagent au sein de leur espèce hôte sans induire la moindre maladie. Les travaux menés par l’équipe du Prof. Alain Vanderplasschen ont abouti à plusieurs contributions majeures relatives aux interactions qui surviennent entre les herpèsvirus et leurs hôtes. Les résultats révèlent des aspects fascinants de l’évolution et de l’adaptation des herpèsvirus. Parmi les concepts majeurs découverts, citons par exemple: (i) La capacité des herpèsvirus à neutraliser la réponse immune de l’hôte infecté. Les chercheurs ont pu déterminer que plusieurs herpèsvirus infectant diverses espèces animales possèdent une protéine leur permettant d’intercepter les signaux de communication utilisés par les cellules du système immunitaire. Grâce à cette protéine, le virus parvient à inhiber la coordination de la réponse immune de l’organisme qu’il infecte. (ii) Les mécanismes d’évolution des herpèsvirus. En étudiant l’évolution d’un herpèsvirus qui infecte les bovins, les chercheurs ont pu retracer l’évolution de ce virus au cours du dernier 1,5 millions d’années. Leurs recherches ont permis d’établir que ce virus évolue depuis au moins 1,5 millions d’années au sein de l’espèce buffle africain et que sa transmission aux bovins domestiques à partir de ruminants sauvages est survenue il y a au maximum quelques centaines d’années. De manière plus générale, les études réalisées ont permis de confirmer plusieurs concepts importants de l’évolution de la famille des herpèsvirus tels que la vitesse à laquelle ils évoluent, leur capacité à acquérir des gènes de l’hôte infecté, leur co-évolution avec leur hôte et l’importance du phénomène de recombinaison dans leur évolution. (iii)
L’adaptation spécifique d’un herpèsvirus à son hôte naturel. Un virus parfaitement adapté à son hôte naturel devrait être capable de se propager au sein de l’espèce hôte sans lui causer de détriments majeurs. Cette adaptation est la conséquence de la co-évolution pendant des millions d’années du virus avec son espèce hôte. En étudiant un herpèsvirus du gnou parfaitement adapté à son hôte naturel, les chercheurs ont pu observer qu’alors que le virus n’induit aucune maladie chez son hôte naturel, il induit la mort d’autres ruminants en provoquant une forme de leucémie lymphoïde aiguë. La relation entre le gnou et l’herpèsvirus qu’il l’infecte peut être qualifiée de symbiotique. En effet, le gnou tire un bénéfice de l’infection. En transmettant l’herpèsvirus aux espèces de ruminants avec lesquels il entre en compétition pour ses aires de pâturages, le gnou induit une mortalité chez ces derniers. Le bénéfice pour le gnou est double. Tout d’abord, il régule de la sorte négativement la population des ruminants avec lesquels il entre en compétition pour l’herbe. Ensuite, les animaux succombant à la maladie causée pour le virus représentent des proies faciles pour les grands carnivores qui se désintéressent des gnous et de leur progéniture.
En plus de leurs implications fondamentales, les recherches menées par le laboratoire du Prof. A. Vanderplasschen ont également une incidence appliquée. Citons par exemple, le rôle du laboratoire d’Immunologie-Vaccinologie dans l’amélioration de la technique du BAC cloning, technique permettant la production de virus génétiquement modifiés, une étape devenue incontournable pour l’étude des herpèsvirus et la production de vaccin contre cette famille virale.

Plus d'informations: dossier de presse et cv